Au-delà des séries Ripple Effect et Je t’aime, l’exploration fait partie intégrante de mon cheminement artistique. Sans elle, le geste deviendrait répétitif, presque mécanique, et l’élan créatif finirait par s’éteindre.
Je fonctionne souvent par élans et par intuitions. Des idées surgissent, parfois comme des flashes, et m’amènent à expérimenter sans plan précis. J’aime manipuler les outils, construire, assembler, mélanger les matières et provoquer des réactions. Chaque œuvre devient un terrain d’essai, un espace où l’erreur, l’accident et la surprise ont autant de valeur que l’intention initiale.
Ce qui m’anime avant tout, c’est le plaisir de faire, de tester et de fabriquer. Explorer, pour moi, ce n’est pas chercher une finalité immédiate, mais accepter que le processus guide l’œuvre. C’est dans cette liberté que naissent les formes, les textures et les idées qui nourrissent mon travail.
Tout prend racine dans mon enfance. J’ai grandi auprès d’un père ébéniste, dans l’odeur du bois et le bruit des outils, au cœur de son atelier. Très tôt, j’ai compris que fabriquer, assembler et transformer faisaient partie d’un langage silencieux, mais fondamental.
Plus jeune, j’ai travaillé en construction. J’ai construit des armoires, posé des tuiles, ciré et assemblé des éléments de décor. Ces gestes ont façonné mon rapport à la matière, aux surfaces et aux espaces, et m’ont appris la patience ainsi que l’importance du détail invisible.
Par la suite, j’ai été styliste coiffeur et coloriste pendant plusieurs années. Travailler avec la couleur, les textures, les corps et la lumière a profondément influencé mon regard. Cette période m’a appris à observer, à ajuster, à ressentir avant d’agir. De là, la photographie s’est imposée naturellement — un médium que je pratique toujours aujourd’hui et qui demeure au cœur de mon identité.
Manipuler des outils, jouer avec les matières, comprendre les volumes et occuper l’espace sont des réflexes profondément ancrés en moi. Explorer n’est pas une posture, c’est une nécessité. Je suis fondamentalement curieux. J’aime détourner les usages, provoquer des rencontres inattendues entre les matériaux et laisser dialoguer le geste artisanal avec l’intuition.
Créer, pour moi, c’est prolonger ce fil continu entre le faire et le sentir. Et à la base de tout, écouter mon intuition et matérialiser mes idées demeure essentiel, c’est là que tout commence.
Guy Hamelin
001 - De Rouille
002 - Cyanotype
003 - Le Ballot
004 - Stefany
005 - Wax Girl
006 - Blanche War
007 - Femmes de Fer
008 - Espace Temps
009 - Dance
010 - Table